LES PHILIPPINES 2026: LUZON, L’ÎLE SEPTENTRIONALE

MANILLE, C’EST LOIN…

(Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus. Chaque partie de cette chronique est accompagnée d’un lien qui vous mènera à d’autres photos. Même si j’ai utilisé en partie les textes que je vous avais fait parvenir sur Facebook, je me suis fait plaisir en rédigeant ces nouvelles chr0niques.  Mais c’est peut-être un peu répetitif pour vous.)

Nous sommes arrivés ici jeudi soir le 15 janvier, 35 heures après nous être levés à 02 :00 le mercredi pour prendre notre premier vol à 06 :00 (YUL-Chicago); 25 heures en trois vols, le reste en escale. Et le sommeil en classe économique est assez pénible…  À notre arrivée à Manille à 22 :30, nous devions aussi aller obtenir une extension de visas (plus de 30 jours). À 01 :00, nous sommes allés chercher un taxi pour rejoindre notre hôtel; je m’étais préparé pour ne pas me faire arnaquer. Mais trop fatigué, je me suis fait arnaquer en payant au moins 4 fois trop cher. Financièrement, ce n’est pas très important; mais l’ego en sort abimé !😊

Bon hôtel, chambre confortable mais sans vue intéressante.  J’apprendrai à toujours payer pour le petit déjeuner si je veux une meilleure chambre avec vue.  Pour le reste, si Manille n’a officiellement qu’une population de 1,8 millions, la région métropolitaine de manille en compte 14 millions.  On est en Asie du Sud…

Même épuisés, nous avons visité à pied, en nous levant, la vieille ville « intra-muros » (charmante), la cathédrale (assez quelconque, reconstruite 7 fois dont la dernière en 1954) et le fort Santiago plus intéressant qu’impressionnant. Il y a eu 100,000 morts à Manille en 1945, « dûs au comportement haineux des japonais et aux bombardements (indifférents) des américains. »  Ça n’a pas beaucoup changé diraient les défuntes écolières iraniennes…

Samedi, visite des musées. Tout d’abord le Musée d’anthropologie (Musée des Philippins); je l’ai trouvé passionnant et très intructif, même si les présentations sont très conventionnelles. Je crois que c’est une visite essentielle avant d’entreprendre un grand tour des Philippines comme nous le ferons, évitant seulement l’Île de Mindanao oú des combats existent toujours. Si chez nous on parle de rebelles musulmans, ici on apprend que les rebelles musulmans et lumads s’affrontent entre eux et avec le gouvernement.

Enfin, nous avons un peu visité le Musée des Beaux-Arts (les agents dé sécurité sont venus nous chercher pour couper la longue file d’attente à cause de notre âge vénérable), mais la fatigue dûe à l’âge m’a quand même forçé à écourter cette visite.🥲

À l’aller et au retour, nous avons traversé le parc Rizal, le grand et très animé parc de la ville; notre hôtel se nomme « The Rizal Park Hotel » et est situé à une extrémité de ce parc. Une brève constatation : la population est jeune et très chaleureuse. Et, il y a très peu de gens qui fument ici à Manille; encore moins que chez nous, et donc beaucoup moins qu’en Europe. Traverser les grands axes routiers tient de l’aventure périlleuse; même lorsqu’il y a des passages piétonniers, les automobilistes et camions les ignorent la plupart du temps. Moins de motos qu’au Vietnam, beaucoup plus de voitures; probablement plus riches.

Nous avions prévu visiter le célèbre cimetière chinois aux monuments grandioses et où, comme au Caire et à Varanassi, de pauvres vivants partagent les logements des morts : malheureusement, c’est fermé le dimanche et cela ferme à 15:00 heures sur semaine. Nos deux autres brefs  séjours ne nous permetront pas d’y aller. Alors nous nous sommes quand même rendus au plus grand China Town du monde avec 1,000,000 d’habitants. Belle promenade en Touk Touk que nous n’avions pas pratiqué depuis nos voyages aux Indes dans les années ’90. Ce China Town est particulièrement vivant, beau et laid à la fois. Mais il contient un beau musée qui explique l’immigration des chinois à Manille où la plupart sont devenus catholiques et ce sont mariés et intégrés à la culture philippine, tout en conservant certaines traditions.

Enfin,pour terminer ce sjour, nous sommes demeurés près de notre hôtel et avons visité l’aquarium local; il est beau et contient une flore sous-marine remarquable. Mais on repassera pour les informations, car on admire de superbes bassins et aquariums pleins de coraux et de poissons multicolores avec de très parcimonieuses notes sur ce qu’ils sont.

 Demain nous entreprenons 32 jours de voyage avec Asia Odyssey Travel, une agence de voyage chinoise avec laquelle j’ai organisé le voyage.  Ils avaient une proposition intéressante au début, mais nous l’avons modifiée pour tenir compte de nos priorités; ainsi, dès le départ, nous avons laissé tomber les activités à Manille que nous parcourons par nous-mêmes, mais avons ajouté Vigan et le Nord que malheureusement peu de touristes vont voir.  La majorité des tours sont axés sur la plongée; nous en ferons, mais pas que cela…   Tout est compris, sauf les soupers et quelques diners. Et nous ne voyageons pas en groupe; toutes nos activités sont individualisées et nous ne serons que nous deux et un guide et/ou chauffeur.  Et finalement, certes pas plus cher que si nous l’avions organisé nous-mêmes, mais sans le stress inhérent.  Une première pour nous…

Demain, on commence notre grande tournée du pays avec 6 heures d’auto vers Vigan et le nord de l’île principale de Luzon.

Mais auparavant, si cela vous tente, quelques photos de Manille:  ManilleErrances

VIGAN, LA BELLE ESPAGNOLE

Partis de Manille au début de la journée lundi, nous mettrons plus de 7 heures à parcourir les 408 kilomètres pour atteindre la vieille cité fondée en 1572 par les colonisateurs espagnols. Gherwynn, notre  coodonnateur pour le nord de Luzon, est aussi notre chauffeur et a une bonne voiture,  mais les autoroutes se terminent à 100 kilomètres de Manille. Par la suite, sauf de rares beaux endroits en montagne ou sur la mer, un long boulevard Taschereau sur des centaines de kilomètres avec des écoliers partout le long de la route (la natalité ne semble pas un problème dans ce pays catho) et des dépassements à la droite ou à la gauche selon votre envie et une foule de side-cars au lieu des traditionnels rickshaw de Manille. Mais nous savions que ce serait la pire journée de voyage terrestre de notre tournée philippine.  Je dois cependant avouer dès maintenant que, malgré la circulation anarchique et cahotique qui règne partout, je ne verrai même pas un léger accrochage en six semaines.  Il faut souligner que les philippins sont rarement agressifs d’ailleurs et n’aiment pas la confrontation; mais ils sont ouverts et de contact facile.

Nous sommes  logés dans de magnifiques hôtels que nous ne pratiquons jamais lorsque nous organisons tout nous-mêmes ; et nous sommes en colonie de vacances, mais pour nous deux seulement, car on nous organise aussi de magnifiques activités à tous les jours avec nos propres chauffeur et guides. Et les Philippins sont parmi les gens les plus gentils et prévenants que nous ayons visités dans tous nos périples.

Dès notre arrivée, Vigan,  la vielle cité fondée au XVIème siècle nous séduit malgré la fatigue de la route.  Trésor de l’humanité selon l’UNESCO, la ville conserve un style espagnol indéniable malgré de fortes influences asiatiques, particulièrement chinoises.  Mais contrairement aux villes asiatiques, elle est construite en damier au lieu de se plier au relief du terrain.  En fait, c’est une ville magnifique, une ville dorée…

Si la première matinée fût gâchée par un guide local incompétent (et des visites prévues de musées locaux ennuyants et autres choses du même acabit), en après-midi nous avons pu faire un tour de calèche dans cette étonnante vieille ville espagnole d’Asie. On se serait dit dans une ville d’Amérique latine, comme au Mexique mais avec les églises détruites par les tremblements de terre comme au  Nicaragua. La grande place manque peut-être d’un peu de verdure, mais les édifices sont magnifiques. La Calle Crissologo est une merveille qu’on ne retrouve nulle part ailleurs en Asie; le soir, les lumières tamisées lui donnent une teinte dorée incroyable.

Le climat physique et psychologique y est agréable: très peu de harcèlement touristique, encore moins qu’à Manille qui pourtant n’est pas si mal. Nous étions très bien logés (La Casa Blanca, mais sans Trump et ses dorures !), mais  la bouffe était un peu imprévisible, sauf chez les chinois; nous devrons nous en faire une raison.  Si vous y allez, ne perdez pas votre temps à visiter petits musées et tutti quanti; promenez-vous dans cette magnifique ville.

Si vous désirez voir quelques photos de Vigan: VIGANERRANCES


Le lendemain, nous quittons la mer pour la Cordillère et Sagada et ses tombeaux. Longue route sinueuse dans les montagnes.

SAGADA ET SES TOMBEAUX

Nous quittons Vigan, la belle espagnole, en longeant tout d’abord la mer, pour nous rendre à Sagada et Banaue situées dans la chaîne de montagnes d’origine volcanique en partie qui traverse la grande île de Luzon du nord jusqu’à sa partie centrale. Les montagnes ont souvent plus deux mille mètres et certaines frôlent le trois mille mètres. Les tribus anciennes y sont encore très présentes. Les routes sont sinueuses et très lentes, et les paysages souvent époustouflants.  Mais les températures chutent (quoiqu’un 8C sous la bruine peut sembler insignifiant à des montréalais sous -25C!).

Notre premier arrêt est à Sagada, à 1500 mètres. Nous sommes logés un peu à l’extérieur du village dans un hôtel qui ressemble à une demeure confortable de hobbit avec une vue superbe.  Notre chauffeur cordonnateur Gherwynn nous amène tout d’abord rencontrer notre guide, une charmante mère de famille dont nous rencontrons les enfants de retour de l’école.  Évidemment, nous avons droit à quelques visites « touristiques » genre cave à vins de fruits et de fleurs et à un café dans un resto très local.  Mais nous convenons rapidement que nous nous reverrons tôt le lendemain pour aller voir le lever de soleil sur les rizières.

Nous irons à 05 :30 voir ce lever de soleil sur les rizières en Terrasses. Mais le soleil s’éclipsera dans les nuages (ou peut-être nous cacherons-nous dans ces nuages), mais le rendez-vous sera raté ; nous reviendrons dans la journée voir ce magnifique paysage à peine entrevu le matin. L’avantage d’avoir notre propre chauffeur. Et nous irons voir (en montant et descendant de longs escaliers) des grottes où, jusqu’il y a un peu plus d’un siècle, on entreposait les cercueils après avoir nettoyé les ossements des défunts au terme d’une année de décomposition en plein air. Impressionnant, surtout avec les explications de notre guide d’une des tribus locales.  Des excurions enrichissantes lorsque la guide locale, comme c’était le cas, connait son sujet.  Mais l’altitude et la température fraiche et humide mettent à contributiion mon ventolin.

Si vous désirez voir quelques photos de Sagada: SagadaErrances

BANAUE ET SES RIZIÈRES EN TERRASSES

Puis nous nous dirigeons vers Banaue et Batad, toujours dans la Cordillère, dont les rizières en terrasses sont des lieux désignés Héritage de l’humanité par l’UNESCO.   Encore une route de montagnes, souvent perdues dans la brume froide… Mais les paysages demeurent magnifiques et les rizières à l’entrée de Banaue sont sublimes.

À Batad, à quelques kilomètres encore plus loin dans les montagnes, nous parcourons, en montant et descendant de difficiles et abrupts sentiers,  ces rizières ; notre guide fait attention pour ne pas trop marcher vite.  Mais Marie décide d’arrêter à mi-parcours et de m’y attendre; elle y rencontrera par hazard des québécois dont un type de Pointe-Claire.  Il faut le faire au bout du monde…

Malheureusement, j’ai connu un retour particulièrement difficile avec une des pires crises d’asthme que j’ai jamais subie, l’humidité et la température fraîche aidant;  il pleuvotait dans des nuages à près de 8C et à 1500 mètres.  Et ça montait… Malgré cela, je conserve un souvenir merveilleux des trois quarts de mon trajet.

Le soir on nous loge dans un hotel certes confortable, mais ennuyant à mourir sans véritable vue contrairement à ce qu’on m’avait annoncé au départ.  Nous nous plaignons, mais on nous indique qu’on nous avait déjà prévenus car il n’y avait plus de place à l’hôtel prévu.  Notre chauffeur coordonnateur Gherwynn nous amène donc souper dans un resto intéressant et vivant, même si nous payons la note (pas très elevée).

Le lendemain, nous quittons pour Manille et une troisième journée de plus de 8 heures de voiture dans des superbes paysages de montagne. Je crois que cette partie du voyage, dont nous avons obtenu des modifications désirées pour favoriser l’aspect culturel, en sera aussi le plus durable souvenir. Nous quitterons avec regret Gherwynn notre chauffeur et coordonnateur de cette partie de voyage ; il fût exceptionnel, prévenant et tellement intéressant.  Musicien, il connaissait son pays, sauf questions de statistiques…

Si vous désirez voir quelques photos de Banaue-Batad: BANAUEERRANCES

 

 

 

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